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Le Piège
Lucas, un fragile adolescent, passe ses vacances dans la maison de son grand-père, en compagnie de sa mère. La mort de son grand-père délie les langues et Lucas découvre le passé de celui-ci. C'est peu à peu, au cours de cet été où la chaleur n'est pas seule responsable de l'atmosphère oppressante, que le piège se referme sur Lucas. Il découvre dans cette maison de vacances les raisons de la haine que semble vouer à leur famille sur Béate, unique occupante du cloître voisin. Coupé de ses copains, accablé par l'ennui, esseulé dans cette petite ville, il rencontre Benoît, personnage fascinant. Croyant reconnaître en Lucas l'héritier des théories de son grand-père, Benoît l'entraîne insidieusement et presque malgré lui dans des actions violentes et racistes. Il retrouve l'étrange Caitlin, jeune Américaine passionnée de danse avec qui on lui interdisait de jouer dans leur enfance. La réapparition de Caitlin conduira Lucas à une prise de conscience silencieuse et tardive. Il prend alors ses distances vis-à-vis de Benoît et attise du même coup la rancur de celui-ci qui lui fait endosser la responsabilité des actions racistes. Il révèle à la presse les "tendances extrémistes" de Lucas, facilement expliquées par son passé familial. La tension monte pour aboutir à un drame au cours duquel Lucas arrachera Caitlin à une mort atroce et deviendra alors un héros pour certains, un traître pour d'autres. Anne Provoost articule son récit sur l'actualité. Sans prétendre éliminer le néo-fascisme de la face du monde, elle a compris que seule une écriture nuancée sur le sujet peut provoquer un déclic salutaire. Le style reste sobre, mais la narration gagne encore en consistance et en efficacité. A coup de petites touches qui se multiplient, affinent, se complètent, s'appellent mutuellement, le lecteur est entraîné avec les personnages principaux dans l'angoissant vertige de leur chute. Arbres, Caitlin, système de valeurs, façades des personnages, et jusqu'a Lucas lui-même: tout et tous sombrent inexorablement dans le même abîme. Anne Provoost signe ici son roman le plus noir, même s'il y est moins question de subir le lourd poids du passé que d'apprendre à vivre avec un avenir singulièrement hypothéqué par le funeste présent. |
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