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La
Rose et le Pourceau a
remporté 5 prix littéraires
en Flandre, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche.
La
Rose et le Pourceau
est traduit en 4 langues.
Lisez un bref aperçu du contenu
et le premier chapitre.
La
Rose et le Pourceau
Le
conte La Belle et la Bête, transcrit en italien par Gianfresco
Straparola au cours de la première moitié du XVle siècle,
a été adapté en français au XVIIe par Mme
Leprince de Beaumont. Le conte ainsi que la version filmée de Jean
Cocteau ont suffisamment intrigué Anne Provoost pour qu'elle y
puise l'argument d'un récit dont la facture très élaborée
est mise au service d'une fascinante composition.
Les principaux ingrédients de La Belle et la Bête
ont été fidèlement reproduits. Un marchand, père
de trois charmantes filles, leur rapporte régulièrement
des cadeaux de ses lointains voyages. Il a un faible particulier pour
la cadette, qui est la plus jolie, qui est également différente,
voire spéciale. Au cours d'une de ses missions commerciales, l'homme
s'égare en chemin. Parvenant à une maison de campagne abandonnée,
il s'y restaure, se réchauffe, et vole dans le jardin une rose
mystérieuse. Le maître de céans, la Bête, a
été jadis condamné à mener l'existence d'un
monstre, malédiction qui ne pourra être levée que
par un amour dûment partagé. Le monstre exige du voyageur
l'expiation du vol qu'il vient de commettre, mais la fille cadette va
prendre la place de son père.
Tel est le scénario que nous connaissons par le cinéma,
notamment. Mais La Rose et le Pourceau nous éloigne de Hollywood.
Anne Provoost a adapté le récit à sa façon.
Dans un style qu'elle emprunte à la littérature épique,
gage de distanciation, elle confie à l'héroïne Rosalena
le soin de conter l'histoire de sa propre beauté, une beauté
qui lui sera fatale car elle se retournera contre sa personne et la précipitera
dans un abîme de solitude. Les jeunes gens sont tétanisés
au moindre regard; Idelies et Richenel, les deux surs envieuses,
prédisent que son destin se résumera au désir jaloux;
les anges qui hantent la maison s'évertuent à la préserver
des coupables voluptés de la chair.
Voilà un livre dense à souhait, qui demande à être
lu et relu. Un monde peuplé de gnomes, de farfadets, de lutins,
d'elfes et de feux follets. Une véritable mine d'or pour le psychanalyste.
Anne Provoost a d'ailleurs eu soin d'assortir son récit de sa propre
morale freudienne: Rosalena éprouve un sentiment de culpabilité
devant l'éclosion de ses sens. Ce n'est qu'en se détachant
définitivement du père qu'elle deviendra capable d'accueillir
un homme dans sa vie et d'atteindre son plein épanouissement sur
le plan de la sexualité. Au-delà du conte, La Rose et
le Pourceau brosse un saisissant aperçu d'une époque:
celle du déclin du Moyen Age! Bref, le livre émeut et captive
tout à la fois, par l'intrigue intemporelle et par une écriture
qui a recours à la forme épique pour aborder la sensualité
sans exclure tout à fait l'humour.
Annemie Leysen, Septentrion
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